Polémique : des surfeuses transgenres autorisées à participer à une compétition en Californie

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Nouvelle autour des transgenres et des compétitions sportives. Revenons sur une décision contestée et très controversée concernant l'autorisation de la compétition des personnes transgenre à une compétition de en Californie. Revenons sur cette histoire.

La décision contestée : interdire ou autoriser?

La compétition de surf Huntington Beach Longboard Pro en Californie a déclenché une vive polémique après avoir annoncé qu'une femme transgenre, Sasha Jane Lowerson, ne serait pas autorisée à concourir dans la catégorie féminine. L'organisateur de la compétition, Todd Messick, a initialement déclaré que cette décision était nécessaire pour garantir « un terrain de jeu équitable pour tous les athlètes ». Cependant, cette décision a rapidement été contestée par la California Coastal Commission, qui a averti les organisateurs que la discrimination fondée sur le genre serait une violation de la loi californienne.

La California Coastal Commission a déclaré que les compétitions de surf devaient « ne pas discriminer en raison du genre ». Cela signifie que si le Huntington Beach Longboard Pro persistait dans son interdiction, il pourrait être contraint de fermer ses portes. Cette décision a mis en lumière le débat plus large sur la participation des personnes transgenres dans les compétitions sportives et a suscité de nombreuses réactions divergentes.

Réactions contradictoires: entre soutien et opposition

Sasha Jane Lowerson, surfeuse australienne qui a commencé à concourir en tant que femme après sa transition, a exprimé sa déception suite à cette exclusion. Elle a expliqué que selon les règles de l'International Surfing Association (ISA), les femmes transgenres peuvent participer à des compétitions féminines si elles respectent des critères spécifiques concernant les niveaux de testostérone. Lowerson a déclaré : « Vous ne pouvez pas sélectionner les parties du règlement qui vous conviennent. Si vous utilisez le règlement, vous devez tout utiliser. » Elle a également souligné que depuis le début de sa transition, elle avait reçu un accueil généralement positif dans le monde du surf, ajoutant que l'Australie avait adopté des lignes directrices inclusives pour permettre aux femmes transgenres de participer à des événements féminins.

Cependant, cette polémique a également mis en lumière les craintes de certains athlètes qui pensent que permettre aux femmes transgenres de concourir dans des compétitions féminines pourrait créer un déséquilibre injuste. Des surfeuses comme Bethany Hamilton ont critiqué la de l'ISA, affirmant que les niveaux de testostérone ne suffisent pas pour déterminer si une personne est biologiquement masculine ou féminine. Todd Messick a soutenu cette position, affirmant que « 90% des surfeuses avec qui j'ai parlé sont d'accord, mais beaucoup ne veulent pas commenter. C'est un sujet très sensible. »

L'importance d'un terrain de jeu équitable

Ce débat soulève des questions importantes sur l'équité dans le sport et le respect des droits des personnes transgenres. Alors que certains soutiennent que les femmes transgenres ont un avantage physique inhérent, d'autres, comme Sasha Jane Lowerson, insistent sur le fait que le surf ne repose pas uniquement sur la force brute. Selon elle, le longboard, discipline dans laquelle elle concourt, repose davantage sur le style, le flux et la grâce, ce qui rend les arguments sur la force moins pertinents.

Le débat est d'autant plus crucial en Californie, qui accueille des compétitions de surf de renommée mondiale. De plus, avec Los Angeles en tant que ville hôte des Jeux Olympiques dans quatre ans, les questions relatives à la participation des personnes transgenres dans le sport prennent une dimension internationale.

Vers un consensus sur les règles?

Les différents organismes sportifs internationaux luttent encore pour établir des politiques claires sur la participation des personnes transgenres. L'association mondiale de natation, World Aquatics, a effectivement interdit aux femmes transgenres de concourir dans les compétitions féminines de haut niveau. De même, l'UCI, l'instance dirigeante mondiale du cyclisme, a décidé que les femmes transgenres ne pourraient pas participer à des compétitions féminines internationales. Ces décisions montrent que le débat sur l'équité sportive et l'inclusion reste complexe et loin d'être résolu.

Pour de nombreuses surfeuses, ce débat va bien au-delà des compétitions. C'est une question de communauté, de respect et de reconnaissance des identités individuelles. Comme l'a souligné Sasha Jane Lowerson, « le sport concerne la communauté, le partage et le plaisir avec d'autres personnes partageant les mêmes idées. Perdre de vue cela est vraiment triste. » Les prochaines étapes pour les compétitions de surf californiennes, telles que le Huntington Beach Longboard Pro, pourraient bien déterminer comment le sport aborde ces questions cruciales à l'avenir.

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